A l'Idate, la fibre optique fait débat
Publié le 21 November 2008
« Avec le très haut débit, nous sommes à l'aube d'un nouveau cycle d'investissements qui n'a rien à voir avec celui du haut débit. Le très haut débit est aussi structurant que le fut en son temps l'électrification ». C'est par cette envolée quasi lyrique que Gabrielle Gauthey, membre de l'Arcep (le régulateur des télécoms) a clos le séminaire consacré à la fibre optique qui se déroulait dans le cadre des 30ème journées de l'Idate.
Si en effet, la plupart des intervenants qui se sont succédé pendant ce séminaire ont insisté sur l'importance de la fibre optique pour l'avenir du marché des télécoms, force est de constater que cette technologie est encore peu répandue à travers le monde. A l'exception notable de l'Asie qui compte 24 millions d'abonnés au FTTH (c'est-à-dire la fibre jusqu'au domicile) et 61 millions de foyers raccordés, les Etats-Unis ne recensent que 4 millions d'abonnés et l'Europe, 3 millions.
Pourquoi si peu alors que tous les acteurs du secteur - pouvoirs publics, opérateurs, équipementiers, entreprises - s'accordent à dire que la fibre va être indispensable pour le développement économique et social de la planète ? Et bien parce que la fibre coûte cher.
L'état français considère qu'il faudra plus de 10 milliards d'euros pour fibrer 75% des foyers. Or en ces temps de crise financière, les opérateurs rechignent à mettre la main à la poche. Les quatre grands opérateurs hexagonaux (Free, Orange, SFR et Numéricâble) ont d'ailleurs annoncé qu'ils allaient ralentir leurs investissements. Officiellement, « parce que l'on veut voir s'il y a vraiment de la demande » (Orange) ou « parce que nous n'avions pas encore les conditions de location de fourreaux de France Télécom » (Free).
Mais en fait, chacun se demande quel va être le modèle économique de la fibre et comment monétiser les nouveaux services. Les opérateurs craignent en effet que la multiplication du débit (jusqu'à cinq fois plus que l'ADSL) profite plus aux agrégateurs de contenus (Google, Microsoft, YouTube, eBay...) qu'à eux-mêmes.
Florence Puybareau