IFA 2008 : Le marché du home-cinéma se transforme
Publié le 01 September 2008
L'IFA est généralement un bon indicateur des grandes tendances dans le monde de l'audio home-cinéma. En 2008 il est clair que les gros amplificateurs n'ont plus la côte auprès du grand public au profit de systèmes tout en un, de barres sonores ou de systèmes dépourvus d'enceintes arrières mais proposant une restitution surround virtuelle.
De notre envoyé spécial à Berlin, Bruno Orrù
Les avancées technologiques rapides ne sont pas toujours de grandes opportunités pour les constructeurs d'amplificateur audio-vidéo. De nouveaux formats sonores HD (Dolby Digital TrueHD, DTS HD...) en nouvelles possibilités de connectique (HDMI), les gammes d'appareils se sont succédées trop vite, le consommateur se repliant alors dans un attentisme conservateur.
Ci-dessous un nouvel amplificateur home-cinéma Yamaha, un réel concentré de technologie pour moins de 400€.

Ci-dessous l'amplificateur Denon AVR-2809 qui propose comme la plupart des amplificateurs d'aujourd'hui un système d'auto calibrage acoustique qui permet de réaliser une installation optimisée de manière totalement automatique, en quelques instants.

Depuis deux ans en effet, il était clair que les amplificateurs sur le marché n'étaient pas « complets » au niveau des fonctionnalités et possibilités de branchement. Ce n'est plus le cas depuis quelques mois mais le bon vieux et massif amplificateur n'a plus la côte. On lui préfère aisément des ensembles compacts multicanaux 5.1, de préférence avec une console qui intègre un lecteur de DVD / Blu-ray et l'électronique de décodage et d'amplification. Pour la reproduction sonore, les grosses enceintes laissent la place à de minuscules satellites, appuyés par de plus ou moins efficaces caissons de graves.
Ci-dessous le très esthétique et très « glossy » système 7.1 Samsung HT-BD2, sur base d'un lecteur Blu-ray.

Il n'est pas rare que la décision d'achat d'un ensemble home-cinéma ne se réalise pas à cause de la problématique des enceintes arrières qui nécessitent de faire parcourir des fils dans le salon. Aux vétos féminins, les constructeurs proposent donc de plus en plus des systèmes à deux (2.1) ou trois (3.1) enceintes frontales épaulés par un caisson de graves qui proposent souvent un excellent rendu sonore. Les impressions surround sont alors totalement virtuelles et reposent sur un traitement numérique dont l'efficacité est très aléatoire. Au-delà des problèmes de placement draconiens des enceintes pour que la zone d'écoute soient correctement baignées par le son surround virtuel, le volume de la pièce doit être raisonnable, mais surtout, la nature des revêtements muraux et leur proximité par rapport aux enceintes influencent sensiblement l'efficacité de ses procédés virtuels. Ce qui fonctionne parfaitement dans un auditorium peut se révéler totalement inefficace chez vous !
Le marché de l'enceinte n'a jamais été très important à l'IFA mais cette année, mis à part les marques du groupe Harman (Revel, Infinity), les seules gros stands étaient sous bannière allemande (Elac). Là encore, on ressent une certaine morosité, même si des efforts sont réalisés pour proposer des ensembles compacts, parfois même complètement insérés dans un meuble.
Ci-dessous le RHT-G900 traduisant le concept de l'ensemble home-cinéma totalement intégré dans un meuble, comptez entre 1000 et 2000€ suivant la largeur du meuble.

Si le concept du meuble ne vous plait pas ou que les enceintes traditionnelles sont trop volumineuses, alors il reste possible de choisir un kit avec des satellites de petites tailles. Ci-dessous un exemple chez Sony avec les satellites de l'ensemble DAV-IS50, à peine plus grands qu'une pièce de 50 cents d'euros !

De fait, ce qui séduit le plus en taille ce sont certainement ces barres sonores que proposent aujourd'hui de grands noms de l'électronique grand public. Concept initié par Yamaha sous le vocable de « Projecteur sonore » cela permet de placer sous le téléviseur un coffret associant amplificateurs et reproducteurs sonores. De nombreuses technologies différentes s'affrontent mais il est clair que les projecteurs sonores de Yamaha restent encore aujourd'hui les plus efficaces avec leurs dizaines de minuscules haut-parleurs reliés à autant de modules numériques d'amplification. Les sensations sont étonnantes d'efficacité et de relief, quelque soit la configuration de la pièce et le revêtement des murs. Bien sur, le concept à ses limites mais son haut pouvoir d'intégration en a fait une vedette de ces derniers mois. Pour autant, le concept n'affiche plus de grand succès, la faute certainement à un prix souvent bien supérieur à 500€ là ou le prix des téléviseurs est passé de quelques milliers d'euros à parfois moins de 1000€. Cet écart tarifaire qui se resserre entre vecteur visuel et sonore ne profite malheureusement pas à ce dernier.
Ci-dessous un détail de la barre sonore Yamaha YSP4000, on peut voir les nombreux haut-parleurs qui envoient le flux sonore dans de multiples directions.

L'arrivée des consoles de jeu dans de nombreux foyers modifie également les plaisirs audio-vidéo. La vidéo projection reste une idée luxueuse alors même que de nombreux projecteurs qui proposent une image de haute qualité sont disponibles à moins de 1 500€. Mais les plus soucieux de vouloir une image de qualité doivent chercher dans des modèles un peu plus onéreux. Sur ce segment, c'est sans aucun doute JVC qui a su tirer vers lui une bonne partie des amateurs de belles images.
Ci-dessous, le nouveau vidéoprojecteur JVC DLA HD750 sous technologie D-ILA. Un investissement supérieur à 4 000€ mais une image incomparable, supérieure à la plupart de celles des salles de cinéma.

Mais de plus en plus, la projection est utilisée pour des plaisirs vidéo ludiques. Ci-dessous l'exemple parfait du projecteur - ici dans une version minuscule sous bannière LENOVO - qui permet de donner une dimension encore plus ludique aux jeux vidéo, et notamment des jeux issus du catalogue Wii qui fait participer toute la famille.
