Google a-t-il mangé son pain blanc ?

Publié le 28 March 2008

20080328_01Introduit en bourse à l'été 2004 au niveau de 85 dollars l'action, Google a connu une irrésistible ascension pour dépasser le niveau (raisonnable ?) de 800 dollars. Une courbe qui a évolué parallèlement à celle du chiffre d'affaires, qui est passé de 1,4 milliard de dollars en 2003 à 16,5 milliards sur l'exercice 2007. Alors que Yahoo semble avoir atteint quelques limites et doit trouver une réponse à l'offre de rachat, d'abord non sollicitée pour devenir ensuite hostile, de la part de Microsoft, rien ne paraisait pouvoir avoir prise sur Google dont l'expansion semblait jusqu'ici aussi assurée que celle de l'univers Internet.

 

Un grain de sable pourrait peut-être bloquer la magnifique mécanique à générer du cash ? Car la force du modèle de Google qui permet un développement extrêmement rapide n'est-il pas aussi sa faiblesse ? Selon les chiffres fournis dans le rapport annuel 2007, Google a réalisé 99 % de son chiffre d'affaires en 2005, 2006 et 2007 à partir de la publicité. Mais la firme de Mountain View qui semble se comporter comme un trou noir, attirant vers lui toute la publicité, pourrait-elle finir par s'effondrer sur lui-même ?

 

Si ce scénario catastrophe n'est pas d'actualité, quelques signes inquiétants chez Google sont apparus depuis le début de l'année. En effet, selon le cabinet Comscore, le nombre de clics - l'unité étalon sur laquelle Google base tout son modèle - n'a crû que de 3 % en février par rapport à février 2007 après un chiffre encore plus mauvais en janvier puisque les statistiques faisaient état d'un léger recul de 0,3 %. Alors que les mois précédents, Google surfait sur des taux d'augmentation largement supérieur à deux chiffres (respectivement 37, 27 et 12 % en octobre, novembre et décembre 2007).

Est-ce là un accident de parcours qui pourrait trouver sa source dans la mauvaise passe actuelle de l'économie américaine (Google réalise encore 52 % de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis) ou une inflexion plus durable basée sur un changement de comportement des internautes moins enclins à cliquer sur les fameuses publicité contextuelles qui, même si elles se font relativement discrètes dans les pages de réponses suites à une requête n'en sont pas moins des publicités ? 

 

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La société du moteur de recherche éponyme contrôle 75 % du marché américain des publicités en ligne contextuelles selon le cabinet d'études eMarketer. Un responsable produits de Google avait indiqué que le nombre de publicités affichées avait été relativement réduit pour améliorer leur pertinence. Cela n'est pas impossible, selon Pascal Rossini - cité par le quotidien Le Temps -, directeur de la firme Ads-Click, basé à Genève. Mais parallèlement, une proportion importante des acheteurs de mots-clés est constituée par des sociétés proposant des financements. Or, étant donné la situation difficile de l'économie américaine, elles ont très certainement réduit leur budget.

 

20080328_02Toujours est-il que l'action a dévissé pour tomber à 444 dollars, alors qu'elle avait dépassé le seuil des 800 dollars. Du coup, la capitalisation boursière de l'entreprise, « n'est plus que de 139 milliards de dollars ».

 

Google reste encore dans le sillage de la réussite passée. Son chiffre d'affaires est passé de 10,6 milliards de dollars en 2006 à 16,6 milliards en 2007, soit une augmentation 56 %. Et elle affiche une rentabilité plutôt exceptionnelle avec un bénéfice net de 4,2 milliards de dollars. 

 

Ce développement rapide ne pourra sans doute pas continuer au rythme que l'entreprise connaît depuis sa création. Et les défis à relever ne sont pas des plus faciles. Ceux sur lesquels elle n'a pas vraiment de prises comme le possible rapprochement entre Microsoft et Yahoo, même si elle a offert ses services à ce dernier pour éviter une alliance qui pourrait devenir gênante. Ceux des nouveaux marchés comme les réseaux sociaux où elle ne fait pas la course en tête.  Dans cette confrontation avec Facebook où elle ne tient pas la corde, Google vient de perdre plusieurs cadres dirigeants parmi les lesquels on peut citer Sheryl Sandberg devenu COO de la firme créée par Mark Zuckeberg, mais aussi Gideon Yu, ancien directeur financier de YouTube que Google avait racheté en octobre 2006 pour 1,6 milliard de dollar, ainsi que des ingénieurs de haut niveau. L'un d'entre eux, Justin Rosenstein décrivait son nouvel employeur dans un mail envoyé à ses anciens collègues comme « le Google d'hier et le Microsoft d'il y a très longtemps ». (Source : Forbes.com)

 

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Certes, le Web et les moteurs de recherche ont radicalement changé l'Internet. Mais si certains pensent que les moteurs vont devenir le principal, voire le seul, moyen d'accéder à Internet, ils se trompent. En tous cas c'est l'analyse d'eBay qui définit cinq domaines d'activités majeurs sur le Net : chercher, acheter, payer, communiquer et partager. Sachant qu'eBay a décidé de se concentrer sur les trois du milieu et de laisser à d'autres la recherche et le partage.  Pour Google, il s'agissait donc de prendre des positions fortes hors de l'activité liée aux moteurs de recherche.

 

 

http://www.itrmanager.com/articles/71689/ebay-vie-apres-moteurs-recherche-internet.html




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