Le MOTif tente d’élucider les raisons du piratage de livres en France
Publié le 16 July 2010
« Trop de titres sont encore disponibles en version illégale sans que l'on ne trouve leur pendant légal », déclare Mathias Daval dans le prélude à une nouvelle étude sur le téléchargement illégal de livres dans l’hexagone publié par l’organisme.
Actua Litté évoque le prélude à EbookZ 2, une étude traitant encore une fois de l’acquisition illégale d’ouvrages au format numérique en France que fait paraître le MOTif, observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France, cette fois en faisant appel à Mathias Daval et Rémi Douine.
Les deux analystes ont examiné différentes plateformes entre mai et juin 2010, en se concentrant sur les best-sellers. Voici les observations qu’ils en ont tirées : sur l’échantillon étudié, un livre sur cinq est disponible en téléchargement, légal ou non. Cela dit, l’offre illégale prend le pas sur l’offre légale : « La conclusion est simple : d'un côté, l'offre légale, sur l'ensemble des ouvrages de référence dont nous nous sommes servis, est trop faible et représente très peu, alors que nous avons volontairement choisi des livres issus des classements des meilleures ventes. D'autre part, l'offre illégale vient vraiment concurrencer celle des plateformes, et pallier ses manques. Trop de titres sont encore disponibles en version illégale sans que l'on ne trouve leur pendant légal », explique Mathias Daval.
Les plateformes légales, tous éditeurs confondus, représenteraient en effet actuellement moins de 10 % des titres papier disponibles, soit entre 60 et 70 000 titres et 2,4 % du chiffre d'affaires.
« Le numérique devient un marché à part entière, et nous sommes entrés dans l'année 1. L'intérêt du MOTif aujourd'hui est d'étudier et donner aux professionnels des outils pour réagir, précise Vincent Monadé, Président de l’organisme. Il s'agit d'apporter, avec ce cadre de recherches que nous souhaitons mettre en place, qui est quasi opérationnel, des données objectives, avec une visée neutre ».
Les auteurs du prélude constatent également que dans le cadre des réseaux illégaux Torrent, la disponibilité des livres dépend de l'offre et de la demande. Qui plus est, discrétion oblige, les plateformes illégales apparaissent peu sur les moteurs de recherche.
Par ailleurs, Mathias Daval et Rémi Douine notent qu’il est plus simple d’acquérir un livre électronique à partir d’une plateforme illégale ou de celle d’un appareil mobile que d’un site de vente légale grand public comme la FNAC.
Pour ce qui est des tarifs, le prix des ouvrages en ligne reste encore trop élevé selon Vincent Monadé : « Je me souviens qu'Alain Absire, l'ancien président de la SGDL estimait que 30 % moins cher pour un fichier homothétique était raisonnable. On a encore une marge de manoeuvre importante là. L'État doit faire vite, parce que les ventes sont conditionnées par cette loi. La commodité du téléchargement illégal découle aussi de ce que l'on fait une offre attractive. Dans tous les sens ». En effet, actuellement, l'écart moyen de prix est de 18 % entre le livre papier grand format et le livre numérique, et de 6,8 % pour le livre de poche.
Le prélude à l’étude sera publié sur le site de MOTif à partir de ce samedi 17 juillet.
L’article d’Actua Litté.