Dell : moins de PC et plus de services autour du data center
Publié le 26 June 2010
Etre moins dépendant des PC et se développer dans les services sur la thématique des data centers en s’appuyant notamment sur des acquisitions, telle est la stratégie de Dell pour les 3 ans à venir présentée par Michael Dell dans la conférence annuelle devant les analystes financiers. Pour l’année en cours, le constructeur prévoit une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 14 et 19%.
Depuis que Michael Dell est revenu prendre les rennes de l’entreprise après avoir congédié Kevin Rollins pour insuffisance de résultats le 30 janvier 2007, l’action a perdu 47 % de sa valeur. Alors que pendant le même temps, celle d’IBM a gagné 29 % et celle d’HP un peu plus de 6 %. On ne peut donc pas dire que le changement à la tête de l’entreprise a été efficace dans la mise en place et l’exécution d’une nouvelle stratégie pour relancer la dynamique qu’avait connue Dell il y a quelques années. Mais le marché est devenu beaucoup plus complexe que par le passé et a tendance à opérer une séparation plus grande entre les fournisseurs de solutions complexes pour les entreprises ou les organisations et les fournisseurs de produits dits de commodités. Dans ce processus, Dell est sans doute au milieu du gué.
Plus de PC en absolu, moins en relatif
Etre moins dépendant de son activité PC, Dell l’est déjà depuis quelques années, mais sans doute pas de la manière qu’il l’aurait souhaité. Depuis 2006 où il était numéro Un sur ce marché, la firme texane a vu ses parts de marché s’éroder et laisser HP lui passer devant, puis le taïwanais Acer. Au premier trimestre 2010, les parts de marché du trio de tête des PC était respectivement de 19,7, 13,6 et 13,3%. Certes l’activité services a augmenté de 2,9 % ces deux dernières années alors que les ventes de PC, serveurs, systèmes de stockage et logiciels ont baissé, mais elle n’a représenté que 13 % au premier trimestre 2010 contre 55 % pour les PC de bureau et portables. Une part beaucoup plus faible que ses deux grands concurrents HP et IBM.

Si une grande part du chiffre d’affaires provient de la vente de PC, les activités autour du data center pour les entreprises génèrent une part croissante des bénéfices. D’où la volonté de Dell d’augmenter sa présence sur ces secteurs.
Le constat sur l’évolution de l’informatique en entreprise fait par Dell est assez largement le même que celui de ses grands concurrents comme HP ou IBM avec la montée en puissance de thèmes comme la virtualisation, le cloud computing, le data center, la convergence des serveur, du stockage et du réseau, la sécurité et l’intégrité des données… Le constructeur met l’accent sur quatre thèmes qu’il juge majeur : les infrastructures intelligentes, l’automatisation et la simplification de la gestion de l’IT, la simplification de la gestion des applications et la gestion intelligente des données.

Dans un tel contexte, Dell veut dynamiser son activité de ce qu’elle appelle les « Solutions Mix » qui regroupent les ventes de serveurs, stockage et réseaux dans les trois secteurs Grandes entreprises, secteur public et PME. Au 1er trimestre 2009, celles-ci représentaient 27 %, elles devront atteindre 35 % en 2011. Elles se répartissent actuellement en 2 mds$ pour le stockage, 7 mds$ pour les serveurs et 8 mds$ pour les services. En trois ans, Dell espère doubler les ventes en services pour atteindre les 16 milliards de dollars en services. Cet objectif sera porté par une stratégie baptisée par Dell baptisée de Virtual Era et qui est censé succéder à l’ère Internet. Selon Dell, cette nouvelle époque sera définie par des « solutions orientées client qui seront ouvertes, à forte capacité et abordables ». Un concept qui, pour le moins, reste largement à préciser.


Acquisitions à venir
Pour atteindre cet objectif, Dell réorganisera ses équipes, augmentera les incitations financières et n’exclut pas des rachats d’entreprise. Les deux principaux rachats ces derniers temps ont été ceux d’EqualLogic en 2008 pour 1,4 milliard de dollars et Perot Systems en 2009 pour 3,6 milliards. Dell a quelques moyens puisqu’il possède 10,9 milliards de dollars de réserves disponibles. Même si l’acquisition lui a permis de doper d’un coût son activité services, c’est sans doute dans ce domaine que Dell devrait investir.

D’un point de vue plus tactique, Dell espère bien tirer parti de la reprise, de la vague de renouvellement des PC doper par deux phénomènes : d’un côté, le lancement de la nouvelle génération des applications client Windows 7/Office 2010 et de l’autre le vieillissement du parc installé que Dell évalue à 4,5 ans. A ces produits traditionnels pour le constructeur, Delle entend étoffer son catalogue côté client avec des Smartphones et des tablets PC. Ce ne sera pas une voie facile. Le premier marché est déjà largement encombré de fournisseurs et on ne voit pas vraiment ce que Dell pourra y apporter de particulier. Quant au second, il a été pris d’assaut pas Apple qui a porté la barre assez haut et bénéficie d’une image d’innovation extraordinaire, justifiée ou non.