HP finalise l’intégration d’EDS et supprime 9 000 postes

Publié le 02 June 2010

« Nous avons écrit le dernier chapitre de l’intégration d’EDS »a déclaré Ann Live more, Executive Vice President, dans une téléconférence lors de laquelle HP annonçait son intention de poursuivre dans la voie de l’automatisation de ses data centers et ainsi de supprimer 9000 postes. L’objectif est désormais de développer l’activité de services et de la replacer sur le terrain de la croissance.
 
HP avait placé cette intégration dans une opération dite de transformation organisée en deux grandes phases : modernisation d’abord, investissement et croissance. La réduction était jusqu’ici plus lié à la fusion des diverses entités. Il s’agit ici plus d’une suppression liée à la modernisation de l’outil de production d’HP dans les services, c’est-à-dire les data centers.   Rappelons que l’acquisition d’EDS, certainement la plus grosse opération réalisée par HP, est intervenue à la mi-2008 et qu’elle s’est traduite par des vagues successives de réduction de coûts se traduisant à la fois par des baisses de salaires et par des suppressions de postes. HP avait déboursé 13,6 milliards de dollars et ajoutant sa masse salariale de quelque 140 000 personnes. Le rachat d’EDS est à HP ce qu’en son temps l’acquisition de l’activité conseil de PriceWaterHouseCoopers avait été pour IBM, une entrée de plain pied dans l’ère des services. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires généré par les services représente environ le tiers des revenus d’HP.


 

 

Pendant les travaux, la vente continue
 
Peu après le rachat, Mark Hurd avait annoncé une première mesure de 25 000 postes dont la majorité était à supporter par EDS. L’idée sous jacente était de mettre EDS en phase avec HP en ce qui concerne la rentabilité. En mai 2009, HP opérait une nouveau tour de vis avec en supprimant 6000 postes supplémentaires auxquels s’ajoutent donc les 9000 annoncés lors de la présente initiative dans les services. Quelques mois après son arrivée, au début de l’année 2005, Mark Hurd avait déjà annoncé un plan de suppression de 14 000 postes soit environ 10 % de la force salariale de l’époque.
 
L’intégration est donc terminée selon Ann Livermore dans tous les pays qui indique qu’HP a signé depuis 25 000 contrats depuis dont 50 d’une valeur supérieure à 100 millions de dollars. Avec EDS a donc acquis une large activité d’outsourcing global ou sélectif c’est-à-dire ne concernant qu’une seule opération telle que la gestion de la messagerie, le stockage des données, la gestion des réseaux. HP prend en  charge des opérations telles que le traitement des réclamations médicales ou la gestion des réservations pour les compagnies aériennes. HP est très présent dans l’outsourcing d’applications SAP pour le compte de grandes entreprises.
 
Mais sous la férule du gestionnaire de fer Mark Hurd, HP n’entend pas en rester là dans ce que les fournisseurs appellent l’excellence opérationnelle afin d’augmenter les marges. En septembre 2008, HP avait déclaré vouloir atteindre en 2010 une marge opérationnelle comprise entre 11 et 13 % et à plus terme entre 13 et 15 %.  Il indique être en avance sur son calendrier avec une marge de 16 % sur le premier semestre. On peut se demander le nombre d’emplois qui auraient été supprimés si HP avait « seulement » réalisé ses objectifs.
 
Cette initiative a été lancée aussi pour être mieux en phase avec l’évolution qui caractérise le marché de l’outsourcing avec des contrats moins importants et plus courts dans le temps. L’entreprise de Palo Alto va investir 1 milliard de dollars pour standardiser, automatiser ses data centers. Cette notamment mesure qui a pour conséquence la suppression des 9000 emplois. Cette modernisation s’appuiera sur l’architecture annoncée l’année dernière baptisée Converged Infrastructure. HP indique par ailleurs qu’elle va recruter 6 000 personnes plutôt dans le domaine commercial et pour l’administration de ces data centers modernisés.
 
HP va également réduire le nombre de data centers utilisés dans le cadre de services rendus aux clients (pour son informatique interne, HP n’utilise plus que 6 centres informatiques contre plus de 100 il y a seulement quelques années) et passer d’une centaine à une cinquantaine. Il n’y aura pas une réduction de même amplitude, explique les représentants d’HP, car certains data centers sont exclusivement dédié à un seul client.
 
Dans la réduction de coûts, plusieurs actions peuvent être entreprises : délocalisation des postes dans des pays à salaires moins élevés, autrement dit l’offshore, la réduction des salaires, l’automatisation. « Sur les 10 dernières années, l’industrie des services a clairement fait appel à la première possibilité. Dans les 5 à 10 années à venir, c’est surtout l’automatisation qui jouera un rôle importante. Sur ce terrain, aucune entreprise n’est mieux placée qu’HP », indiquait Ann Livermore.
 
De l’outsourcing au cloud…
 
De l’outsourcing au cloud computing, il n’y a qu’un pas. HP va-t-il le franchir ? Jusqu’ici, à diverses reprises, il a clairement indiqué qu’il entendait se limiter à la fourniture de technologies aux opérateurs de cloud. En France par exemple, HP a signé avec Orage Business Services et doit signer avec SFR. Mais les diverses déclarations, en particulier lors de cette téléconférence, ne semblent pas aussi claires. « Nos clients veulent faire tourner certaines applications sur leurs serveurs, en outsourcer d’autres et faire appel au cloud dans certains domaines. Nous entendons aider nos clients sur les trois domaines », a précisé Ann Livermore.


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