Téléphone portable : toujours un doute sur les risques d'une utilisation intensive
Publié le 19 May 2010
Les résultats de la plus importante étude menée sur l'utilisation du téléphone portable viennent d'être rendus. Aucun lien clair entre le téléphone mobile et certains cancers du cerveau n'a pu être établi mais la suspicion demeure et d'autres études seront nécessaires. Réalisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'étude Interphone laisse en effet penser que les grands utilisateurs de portables courent un risque supérieur, note Reuters. " L'étude ne met pas en évidence un risque accru de tumeur, mais en même temps, on ne peut pas conclure qu'il n'y a pas de risque ", explique Élisabeth Cardis, coordinatrice principale de l'étude. " Un certain nombre d'éléments ... semblent indiquer qu'il y a peut-être une augmentation de risque chez les gros utilisateurs, chez ceux qui tenaient le téléphone du même côté de la tête où s'est développée la tumeur ".
Le risque de gliome serait 40% supérieur et celui de méningiome 15% supérieur chez les participants ayant déclaré une utilisation fréquente et habituellement du même côté de la tête que la tumeur. Néanmoins, les difficultés rencontrées pour mener cette enquête empêchent d'affirmer quoique ce soit et d'établir une de cause à effet. Ce qui a permis à la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et à la secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno d'affirmer que ces résultats " ne mettent pas en évidence d'augmentation de risque lié à l'utilisation d'un téléphone portable ".
Cet avis n'est pas partagé par tout le monde, notamment l'association Robin des toits, selon laquelle l'étude montre qu'il existe bien des risques de cancer du cerveau " accrus de 40% chez les utilisateurs d'un téléphone mobile pendant une durée de 10 ans à raison d'une demi-heure d'utilisation par jour."
Pilotée par le Centre international de recherche sur le cancer, l'étude a été lancée en 2000 et menée dans 13 pays (Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède). Elle visait à établir une relation entre l'usage du téléphone mobile pendant dix ans et les tumeurs du cerveau (gliome, méningiome), du nerf acoustique et de la glande parotide (salivaire).
La majorité des personnes observées n'utilisaient leur téléphone qu'entre deux et deux heures et demi par mois. Seuls 10% d'entre eux l'utilisaient en moyenne une demi-heure par jour.
Accès au dépliant d’information « Téléphones mobiles, santé et sécurité » : http://www.sante-sports.gouv.fr/depliant-d-information-telephones-mobiles-sante-et-securite.html