Novell sur le grill
Publié le 03 March 2010
Novell a confirmé qu’il avait bien reçu une offre d’achat de la part du fonds spéculatif Elliott Associates L.P. pour un montant de 5,75 dollars par action. L’éditeur s’est contenté de déclarer que le conseil d’administration examinera cette proposition. Elliot Associates gère un portefeuille d’entreprises telles que Metrologic Instruments et MSC Software représentant un total de 16 milliards de dollars.
Alors qu’elle naviguait dans les zones de 4 à 5 dollars depuis plusieurs mois a été dopé par cette annonce en gagnant 30 % dépassant le seuil de 6 dollars. Dans ses motivations, le fonds Elliott Associates considère que Novell a réalisé « des performances (financières) moins bonnes que ses concurrents en se diversifiant s’éloignant ainsi de ses activités premières en parti avec des acquisitions ».
Créé en 1979, Novell est devenu l'une des stars du logiciel dans les années 80 avec son produit phare qui fut un temps synonyme des réseaux locaux. Sous la direction de Ray Noorda, elle n’a eu de cesse de vouloir rivaliser avec Microsoft et a calqué sa stratégie sur celle de Redmond. En particulier, avec le rachat de WordPerfect et de Quattro Pro pour constituer une suite bureautique rivalisant avec la trilogie Word / Excel / Powerpoint.
Ces dernières années, Novell s’était largement diversifié en prenant le virage du logiciel libre avec le rachat en 2003 de SuSE lui permettant de devenir un fournisseur de la distribution Linux éponyme.
En 2006, Novell et Microsoft enterraient la hache de guerre en signant un accord qui avait surpris l’industrie, notamment la communauté Open Source. L’accord comportait trois volets techniques - la virtualisation, les services Web et la compatibilité des formats de documents - mais couvrait aussi des aspects juridiques et financiers qui démontraient un certain engagement de la part de Microsoft. Engagement qui lui coûtait environ 350 millions de dollars en royalties et autres redevances, auxquels il faut ajouter une petite centaine de millions de dollars en dépenses commerciales et marketing.
Sur le plan financier, Novell a vu son chiffre d’affaires stagner depuis plusieurs années aux environ du milliard de dollars. Au premier trimestre 2010, l’éditeur a accusé une chute de 5,8 % de son chiffre d’affaires mais a réussi à améliorer ses bénéfices. Novell est une étoile déclinante, mais possède encore d’intéressants actifs qui n’ont pas échappé à Elliott Associates L.P., en particulier ses 56 000 clients, plus de 5 000 partenaires et 1 milliard de cash correspondant à près de 60 % de sa capitalisation boursière (avant l’annonce de rachat). Novell possède également à son catalogue des technologies de gestion d’identité et de sécurité. Même si elle n’aboutit pas, cette initiative d’Elliot Associates pourrait bien réveiller l’appétit d’autres acteurs du marché.