5e enquête Acte-KDS
Réduction des voyages et développement durable
Publié le 19 February 2010
La majorité des entreprises a réduit le nombre de ses voyages d’affaires en 2009. Dans l’attente d’une reprise économique rapide, pratiquement les trois-quarts s’attendent à voyager autant cette année (51% des personnes interrogées pensent que le nombre de voyages sera à peu près identique ; 21% attendent moins de voyages). Ceci est en parti compensé par les 27% qui s’attendent à voyager plus. Les préoccupations liées au développement durable et les solutions de collaboration et de communication sont deux facteurs qui accompagnent cette réduction. C’est ce que montre la 5ème étude réalisée par l’association ACTE (Association of Corporate Travel Executives) et la société KDS.
« En 2009, on m’a demandé de réduire les coûts de 30 %, ce qui devait se traduire par un plan social ». C’est en ces termes simples que Laurent Blanchard, Pdg de Cisco France présentait le problème posé par sa direction dans le but de limiter les effets de la crise économique. « Mais j’ai décidé de retenir d’autres voies pour le résoudre grâce à une large utilisation des technologies de communication et de collaboration », explique le Pdg de la filiale qui emploie 650 salariés. En d'autres termes, les voyages ont été remplacés par les solutions de téléprésence. Parallèlement, il a été proposé aux collaborateurs d’utiliser des solutions de télétravail. Ainsi, 60 % du temps des salariés est effectué en dehors de l’entreprise, d’où des économies importantes en bureaux.
Une utilisation avancée des réseaux communautaires, en interne comme en externe (borderless entreprise) a été une source de productivité et d’innovation.
Sans prendre des mesures aussi drastiques, les entreprises ont diminué de manière significative les voyages et réfléchissent à deux fois avant d’envoyer un collaborateur en province ou à l’étranger.
La 5ème étude ACTE-KDS révèle que les entreprises n’ont pas mis de coté leur politique de RSE en matière de Voyages d’Affaires malgré la crise, même si selon ce sondage les dirigeants devraient s’attacher à montrer davantage l’exemple lorsqu’ils voyagent.
La réduction des coûts en tête des priorités
Sans surprise, la réduction des coûts arrive en tête des priorités du voyage d’affaires dans les entreprises, mais contre toute attente, la crise ne semble pas avoir remis en cause leurs initiatives en matière de Responsabilité Sociale (RSE) et leurs programmes Développement Durable. La majorité des personnes interrogées (57%) dément l’idée que leur entreprise attache moins d’importance à la RSE à cause de la crise financière. Toujours par rapport à une majorité des sondés (46%), l’engagement en faveur de la préservation de l’environnement est toujours un sujet de préoccupation important pour les entreprises.
Cependant, la plupart (45%) pensent que leurs dirigeants montrent le mauvais exemple en matière de voyage durable lors de leurs propres déplacements professionnels. Les opinions les plus négatives viennent surtout de la France et des Etats-Unis : 44% des personnes interrogées en France disent que leurs responsables donnent le mauvais exemple (le bon exemple: 36%) ; les dirigeants des Etats-Unis ne sont pas non plus épargnés par 44% des répondants (soutenus par 39%). Le Royaume-Uni possède les dirigeants les plus exemplaires, leurs choix de voyages et modes de déplacement sont approuvés par 51% des personnes interrogées dans ce pays (même s’ils restent critiqués par 41%).
De plus en plus de services voyage sont chargés de fournir des rapports sur les émissions de carbone générées par les déplacements professionnels à leur Direction. Même si ce n’est toujours pas le cas pour 55% des répondants, contre 61% l’année dernière.
Les sondés ont été interrogés sur les facteurs de motivation qui pourraient les aider à voyager de façon plus écologique. La plupart voudraient avoir plus d’informations concernant les émissions de carbone produites par un déplacement avant d’effectuer une réservation - 66% disent que c’est une possibilité qu’ils aimeraient avoir. A peu près 59% des personnes consultées déclarent vouloir des consignes plus claires sur la politique voyage de leur entreprise en matière de développement durable.
La volonté de réduire les coûts a également quelques impacts sur les façons de voyager. Pas moins de 42% disent qu’ils ont échangé leurs vols court-courriers contre des voyages en train de plusieurs heures sur de longues distances afin de réaliser des économies.
Deux faits notables peuvent également être interprétés comme des indicateurs d'une prise de conscience générale des possibilités de faire des économies sur le budget voyage : une grande majorité des sondés (87%) dit que leur entreprise a une politique de voyages bien établie, et désormais 64% ont accès à des outils de réservation de voyages en ligne.
Outils de réservation et RSE
Près des deux tiers des personnes interrogées indiquent que leur entreprise utilise un outil de réservation de voyages en ligne. Il est intéressant de noter que l’utilisation de tels outils à des fins de RSE est en augmentation.
Parmi les utilisateurs d’outils de réservation de voyage :
- A peu près 14% disent que leur outil de réservation dispose d’un calculateur en ligne des émissions de carbone.
- Environ 6% déclarent que leur outil leur propose des options visant à réduire l’impact carbone de leur trajet avant d’effectuer une réservation.
- 15% disent que leur outil leur propose des solutions alternatives aux voyages telles qu’une visioconférence ou une réunion téléphonique.
Qui veut voyager loin, ménage son porte-monnaie
« Cette réduction des voyages trouvera ses limites, considère Stanislas Berteloot, directeur marketing de KDS. Les entreprises vont continuer à diminuer les voyages liés pour des raisons internes, en raison ceux réalisés à des fins commerciales seront assez largement préservés ». Dans certains cas et pour certaines actions, le contact direct reste le moyen le plus efficace pour faire régler certaines affaires. Cette idée est mise en scène dans le film In the Air de Jason Reitman où le cabinet spécialisé dans les ressources humaines entend utiliser exclusivement des solutions de vidéoconférence pour annoncer (en lieu et place de DRH d’entreprises qui n’entendent pas faire le « sale boulot ») à des salariés que leur poste n’est plus longtemps disponible et que donc ils sont licenciés. A l’autre extrême on trouve le consultant incarné par George Clooney dont le principal objectif est atteindre le seuil de 10 millions de miles dans les airs.