Microsoft chiffre les gains potentiel de la lutte contre le piratage pour ses partenaires

Publié le 21 Juillet 2008
Pour inciter ses partenaires à participer à sa lutte contre le piratage, Microsoft manie successivement la carotte et le bâton. Le bâton en obtenant régulièrement la condamnation en justice de revendeurs indélicats ou de contrefacteurs, et en communicant largement sur ces condamnations, la carotte en leur faisant miroiter les gains potentiels. C'est dans ce cadre que s'inscrit le livre blanc rendu public par IDC lors de la conférence partenaires qui s'est déroulée la semaine dernière à Houston et qui tend à montrer que « la réduction du piratage de logiciels pourrait avoir un effet exponentiel sur le chiffre d'affaires des canaux de distribution ». Car si la Business Software Alliance (BSA) mesure chaque année le taux de piratage dans les principaux pays, le manque à gagner pour l'écosystème partenaires n'avait jusqu'ici pas été chiffré.

Réalisé à la demande de Microsoft et de l'IAMCP (International Association of Microsoft Certified Partners), ce livre blanc montre que pour chaque dollar que Microsoft perd en raison du piratage logiciel, les entreprises partenaires perdent 5,5$, qui se répartissent en 4,37$ de chiffre d'affaire supplémentaire qui pourrait être généré grâce à des cycles de vente raccourcis (31%), des ventes conduites à leur terme, des mises à jour, des produits complémentaires, et des ventes croisées (20%), et 1,13 dollar par une réduction des coûts des produits, due principalement à une diminution des coûts de recherche et de développement, de la formation, des ventes et du marketing. « Le marché se développera si le nombre de clients sous licences légales augmente », souligne l'éditeur.

Les chiffres varient toutefois fortement selon les régions, 5,5$ n'étant qu'une moyenne mondiale. C'est sans surprise en Amérique du Nord qu'il est le plus bas : 4,82$, suivi par l'Europe de l'Ouest, 5,66$ (4,52$ de chiffre d'affaires potentiel perdu et 1,12$ d'économies). C'est logiquement dans les pays émergents, où le taux de piratage est plus élevé que le manque à gagner est le plus important : 6,84 $ en Asie Pacifique, 7,98 $ en Amérique Latine et atteint 8,17$ dans la région hétérogène comprenant l'Europe Centrale, l'Europe de l'est, le Moyen-Orient et l'Afrique. Rappelons que le taux de piratage mesure en France par le BSA était de 45% pour 2007, à nouveau en hausse, et parmi les plus élevés d'Europe occidentale.

 

« Même dans un environnement économique sain, les logiciels illégaux induisent des coûts cachés et des frictions lors des ventes et des processus de déploiement », a déclaré Michael Beare, Directeur License Compliance chez Microsoft. « Au pire, la piraterie endémique dans certaines économies empêche l'existence même d'entreprises honnêtes et légitimes. »

« Selon le livre blanc, les coûts cachés de la piraterie se développent selon différents axes. La vitesse des ventes, le cycle de vie d'un projet et la signature de contrats après négociation sont tous affectés. Par exemple, au cours d'un projet de déploiement, les consultants et les fournisseurs de solutions cessent de travailler lorsque des logiciels illégaux sont découverts ; ils peuvent être dans l'incapacité de vendre leurs produits lorsqu'ils constatent que toute l'architecture informatique du client est illégale. Pire, dans la plupart des marchés émergents où il est très difficile d'acquérir des logiciels originaux et légaux, un partenaire honnête et respectueux des licences ne peut pratiquement pas travailler ».

« L'envers du décor est que ces coûts cachés peuvent engendrer des opportunités pour aider ces clients à transformer leur situation au regard des licences », a déclaré John Gantz, vice-président d'IDC. « Généralement, l'utilisation de produits copiés se fait par inadvertance, notamment dans les pays développés. Un fournisseur adroit peut exploiter cette opportunité en aidant des clients à acheter des licences. Il gêne ainsi le développement des logiciels piratés et renvoie jusqu'à cinq fois leurs valeurs dans les canaux de distribution. »

Le livre blanc, intitulé « The Impact of Software Piracy and License Misuse on the Channel » détaille les problèmes auxquels les partenaires doivent faire face dans le cadre du piratage logiciel, comme les motivations et les réactions des clients. Parmi les raisons citées pour justifier le piratage, le piratage délibéré pour économiser, la livraison d'un logiciels piraté avec du matériel, des problèmes de trésorerie (l'entreprise se dit prête à payer ses licences « mais pas maintenant »...), les politiques et procédure d'achat qui pénalisent par  les équipes IT, qui utilisent des produits de démo pour faire face à des besoins immédiats, la croissance rapide des opérations, qui ne se concrétise par immédiatement par l'achat de nouvelles licences, mais aussi la complexité des programme des licences qui peut décourager les utilisateurs....

 

Ce livre blanc donne également des informations en fonction des régions géographiques et des types de partenaires, « et des stratégies pour transformer le problème du piratage en une opportunité pour remettre les entreprises sur la voie des logiciels authentiques ». Ainsi, le bénéfice d'une baisse du piratage serait plus important pour les partenaires « orientés produits » (1,62 $ de gain potentiel pour 1$ de logiciels piraté en moins) que pour les partenaires orientés services (1,56$) ou que pour les VAR (1,39$).

La stratégie anti-piratage de Microsoft tourne autour de trois axes : prévention, sensibilisation, accompagnement des clients et du canal de distribution :

- La prévention via la diffusion d'outils d'audit gratuits, de guides pratiques, de campagnes d'information, de simplification des offres de licences...

- L'accompagnement en proposant des services d'identification de logiciels contrefaits, d'offres de régularisation et de services réservés aux possesseurs de logiciels originaux, d'aide à la gestion des actifs logiciels...

- La sensibilisation par le rappel des règles de distribution des produits et les campagnes de contrôles sur le terrain, le suivi de procédures légales, afin de garantir aux revendeurs honnêtes un environnement sans concurrence déloyale.

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