La colline aux coquelicots, une fable merveilleuse

Publié le 21 Juillet 2012
La poésie, le lyrisme et le graphisme somptueux auxquels nous ont habitués les studios Ghibli se retrouvent une fois de plus dans La colline aux coquelicots. Réalisé par Goro Miyazaki, à partir d'un scénario de son père, le grand Hayao, cette fable nous plonge dans le Japon du début des années 60. L'atmosphère criante de vérité prend toute son ampleur grâce à une reconstitution quasi historique, montrant la vitesse à laquelle une civilisation est capable d’évoluer en une cinquantaine d’années…

A travers la tendre histoire d’amour et d’amitié des jeunes Umi et Shun, c’est tout un pan du passé estudiantin nippon qui apparaît à l’écran. Narré comme un conte, empreint de bons sentiments et d’une certaine nostalgie, le film se veut une véritable ode à la solidarité, révélant la sensibilité à fleur de peau de ses auteurs et leur immense foi en l’homme, malgré les débordements dont il peut parfois se montrer coupable.

Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer... Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…

À l’origine de La Colline aux Coquelicots se trouve un shojo manga publié vers 1980 dans le mensuel « Nakayoshi ». L’auteur du manga faisait clairement référence à ses propres souvenirs du mouvement étudiant des années 70. Que ce soit dans la description des révoltes qui avaient alors secoué certains campus, ou dans les allusions au mépris affiché des intellectuels pour les masses, c’est tout l’esprit d’une époque qui est transcrit. Aujourd’hui, beaucoup ont la nostalgie de ce mouvement, de cet élan, et le projet du film a trouvé un véritable écho.

L’intrigue se situe en 1963, soit l’année qui a précédé les Jeux Olympiques de Tokyo. " L’action se déroule à Yokohama, à une époque où les baby-boomers étaient les “jeunes d’aujourd’hui”. Nos personnages principaux sont des lycéens, légèrement plus âgés que ces baby-boomers. Le Metropolitan Expressway n’existe pas encore, mais routes et chemins de fer sont déjà au coeur d’un enfer citadin, et la pollution entame sa dévastation des fleuves et des océans. 1963, c’est aussi l’année où les martins-pêcheurs disparaissent officiellement de la métropole tokyoïte, et l’année où les enfants cessent de s’adresser les uns aux autres, en classe, par des surnoms. Les gens n’étaient pas riches, sauf d’espoir. Même si ce n’est pas le propos principal du film, nous étions à la fois sur la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère ", explique le réalisateur.

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Le film se déroule en grande partie au sommet de la colline. C’est un lieu épargné par le développement tentaculaire de la cité, qui offre une vue spectaculaire sur la mer sillonnée par de nombreux cargos, bateaux de pêche, barges et remorqueurs, aujourd’hui disparus. Certaines routes, sur le chemin de l’école, n’ont pas encore été goudronnées, et, dans la poussière,
s’y côtoient pousse-pousse et camionnettes à trois roues.
" Au pied de cette colline aux pentes abruptes, aux abords de la ville, s’entremêlent des routes qui dégorgent de voitures, bordées par des chantiers, des poteaux télégraphiques et par des forêts de panneaux. Depuis les cheminées des usines de la zone industrielle s’échappent d’épais nuages de fumées aux couleurs éclatantes. Nous sommes à l’aube de la pollution de masse, à une époque où les signes d’une croissance économique conquérante côtoient encore les bidonvilles délabrés ", poursuit le réalisateur.
" En basant notre décor sur un tout petit secteur de Yokohama, nous avons la possibilité de faire exister ce monde d’en bas, cet univers auquel devront faire face nos deux héros. Car Shun et Umi y entreprendront un long voyage, qui sera le point culminant du film. Tout ce qui concerne le secret entourant la naissance de Shun et Umi n’est au fond qu’un prétexte pour découvrir les deux personnages à travers leurs doutes et leurs réactions ".

Au terme de l’histoire, Shun et Umi reviennent sur le remorqueur piloté par un vieil ami de leurs pères, un homme qui se trouve également être le père adoptif de Shun. Umi découvre alors, pour la première fois de sa vie, à quoi ressemble, vue de la mer, la vieille bâtisse dans le jardin de laquelle elle a tant de fois hissé ses pavillons. Umi rentre chez elle pour de bon, avec à ses côtés ce père qu’elle a tant attendu, et un garçon solide, fiable et courageux.




Studio : Disney

Bonus Blu-ray et DVD
• L’intégralité du film dans sa version “story-board animé”

Bonus spécifiques Blu-ray
• Bandes annonce et spots Tv
• Reportages : - “Aoi Teshima, ou le concert à 360°”
- “Présentation du film au cinéma Scala-Za”
• Clip video : “L’été des adieux » par Aoi Teshima
• Conférence de presse “L’été des adieux”
• Discours de Hayao et Goro Miyazaki lors de la première projection du film

Spécificités techniques
• Format : 1,78 – 16:9
• Langues : - Japonais et français en 5.0 Dolby Digital
- Japonais et français en 5.0 DTS HD master audio pour le Blu-ray
• Sous-titres en français

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