Cebit 2010 : stabilisation et professionnalisation

Publié le 10 Mars 2010
Avec des visiteurs légèrement plus nombreux mais aussi plus professionnels ainsi qu'une baisse des exposants quasiment enrayée, l’édition 2010 du Cebit montre que le salon allemand reste une référence internationale sur le marché de l’informatique…

AG

 
N’en déplaise aux cassandres, l’édition 2010 du Cebit semble bien être celle de la stabilisation pour la Deutsche Messe. En effet, malgré la fermeture totale des halls 18, 21, 24, 25 et 26 et la sous-exploitation des halls 19 et 20 (SAP World Tour), 22 (Cebit Sounds !) et 23 (Intel Extreme Masters), le nombre d’exposants s’est globalement stabilisé par rapport à 2009, avec une baisse de seulement 140 sociétés, contre une chute de 1 500 entre 2008 et 2009. Les descentes des douanes des années précédentes, qui se sont comptées sur les doigts d’une main cette année, semblent avoir eu raison des fabricantsasiatiques véreux. Leursconfrères qui ont fait le déplacement ont, semble-t-il, eu davantage à faire avec leurs bagages perdus par Air France…

On notera également que le nombre de visiteurs entre 2009 et 2010, ramené sur les 5 jours effectifs du salon, est en hausse de 3,7%, à 334 000 personnes. Quelques pas dans les travées en semaine suffisaient pour s’en convaincre : (presque) plus de palissades cache-misère et des allées la plupart du temps bondées. La Deutsche Messe semble également avoir mis en place des mesures de filtrage en semaine, afin de limiter l’entrée des particuliers : une réussite, de l’avis même des nombreux exposants interrogés. « Pour la première fois, j’ai pu enregistrer des commandes fermes lors du Cebit », explique ainsi Lino Bertoli, directeur du grossiste en mobilité Bluetrade, qui était présent pour la première fois sur Planet Reseller.

Mieux : Bluetrade, tout comme le fabricant de housses pour mobiles Giraudi ou le fabricant marseillais d’outils de recharge pour produits de mobilité Mayamax, estiment même que d’un point de vue business, le Cebit 2010 aura été plus efficace que le Mobile World Congress de Barcelone : « celui-ci est plus cher et moins bien structuré au niveau de l’organisation des stands. En outre, il privilégie trop les gros exposants », estime ainsi Michel Poma, responsable commercial de Giraudi. Le pari d’un Cebit plus professionnel est donc en voie d’être gagné par la Deutsche Messe, même si les exposants souhaitent aller encore plus loin dans cette direction : « une baisse supplémentaire de 20 à 30% du visitorat ne me gênerait pas, si elle s’accompagnait en corollaire d’une qualité encore meilleure », note ainsi l’un d’entre eux.
 
Pour les professionnels de la distribution informatique, l’intérêt était concentré sur les halls 11 à 17, au milieu desquels se trouvait Planet Reseller, la partie du Cebit destinée en exclusivité aux revendeurs. Celle-ci a, une nouvelle fois, enregistré une croissance de ses visiteurs (85 000 contre 83 000 l’an passé) et de ses exposants (204 contre 170), malgré la défection de certains gros grossistes allemands comme Actebis ou Tech Data qui ont préféré concentrer leurs efforts cette année sur leurs propres événements. Le hall 9 était comme d’habitude dédié à la recherche fondamentale et appliquée, tandis que les halls 2 à 8 semblaient davantage orientés vers l’industrie informatique allemande, même si une partie de leurs exposants présentaient des offres intéressantes pour les intégrateurs et VAR internationaux. Une nouvelle fois, l’IF Industrie Forum eV méritait à lui seul le déplacement, avec plusieurs milliers de projets de design – dans l’informatique ou de nombreux autres domaines – n’attendant que des industriels pour leur réalisation concrète : une partie malheureusement sous-vendue par la Deutsche Messe, vu son intérêt. S’il n’a, une fois de plus, pas brillé par l’innovation – mais c’est là davantage la faute de l’industrie –, le Cebit 2010 aura cependant imprimé les tendances à venir, sans grande surprise toutefois : USB 3, ebooks et affichage 3D étaient ainsi omniprésents…


L’Espagne était cette année le pays invité, et a su profiter de l’occasion, avec une présence massive de son industrie nationale. Cependant, on aura noté un intérêt mitigé des visiteurs pour celle-ci. Une situation normale, d’après un responsable d’Ubifrance interrogé sur le sujet : « lorsqu’un pays est invité au Cebit, son gouvernement multiplie les incitations financières à destination des entreprises locales pour les pousser à être présentes. Cependant, un grand nombre de celles-ci n’a pas forcément préparé cette présence, et ne dispose pas forcément d’une offre en adéquation avec le visitorat du Cebit. Il ne faut donc pas s’étonner du manque d’intérêt des visiteurs pour ces entreprises. Et d’ailleurs, aucun des pays invités les années précédentes (Russie, Californie ou même France) n’a été capable de faire mieux de ce point de vue. »

De nombreux autres pays se sont fait remarquer par leur discrétion, parmi lesquels le Royaume-Uni, la Belgique ou les Etats-Unis. Et, de fait, c’est la France qui, derrière l’Espagne, était la délégation européenne la plus importante cette année, avec des exposants présents dans 5 halls directement et dans 5 autres via des stands Ubifrance, dont Planet Reseller où celui-ci était, une fois de plus, le seul pavillon national. Plusieurs exposants, à l’instar d’IDSBox, Port, Bluetrade, Kapsys ou encore Taztag, étaient fidèles à l’événement, même si le nombre d’exposants français était malheureusement en baisse, avec 71 sociétés contre 90 l’an passé. Cependant, l’organisation d’Ubifrance, sans failles, a entrainé un concert de louanges des exposants ayant fait appel à ses services : économique car partiellement prise en charge par l’Etat, cette solution leur permet en effet de ne pas avoir à s’occuper de la logistique des stands, mis à part la livraison des produits en exposition : « nous avons pu nous décider en quelques jours et pour quelques centaines d’euros seulement », explique ainsi Stéphanie Kabela, de la société Barthe.
Enfin, fort de leur expérience de 2009, les Instituts Carnot, porte-drapeaux de la recherche à la Française, ont affiné leur tir en proposant des applications concrètes au public allemand, à l’instar d’un drone piloté par iPhone ou d’un module de pilotage en 3D de Google Earth, qui n’ont pas manqué d’attirer les foules même si le Fraunhofer Institute allemand a une nouvelle fois mis la barre très haut, avec notamment un flipper entièrement contrôlé par la pensée…


Fort d’un résultat honorable pour 2010, la Deutsche Messe prévoit de repartir en quête de croissance pour 2011. Si le pays invité n’a pas encore été dévoilé, la prochaine édition, qui se tiendra du 1er au 5 mars 2011, devrait s’articuler autour de 4 pôles orientés vers l’utilisateur : pro, pour les professionnels, lab pour la recherche, gov pour l’administration et le secteur public et enfin life pour le grand public. Le nombre de halls occupés ne devrait pas augmenter, la taille optimale semblant atteinte aujourd’hui. Enfin, il semblerait également que l’organisateur ait pris conscience des attentes des exposants en matière de visiteurs professionnels, et multiplie les initiatives afin d’attirer ceux-ci et de limiter la présence du grand public sur des jours et bâtiments ciblés.

 

Au delà de cette visite, nous avons croisé les plus belles hôtesses du CeBit 2010, clqiuez ici pour un exyrait choisi !
 

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