" La France manque d'investisseurs, mais pas de créateurs ", Pierre Kosciusko-Morizet, P-DG de PriceMinister
Publié le 30 Août 2010
Tout juste après avoir vendu PriceMinister pour 200 millions d'euros cash au groupe japonais Rakuten, Pierre Kosciusko-Morizet a accordé une interview au magazine Capital*. Racheté environ quinze fois son résultat d'exploitation (13 à 15 millions cette année), le site de e-commerce offre à son acheteur une position stratégique en Europe. Sa trésorerie est positive et son volume d'affaires se compte en centaine de millions d'euros.L'acquéreur qui pèse 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires apporte son expertise dans le e-commerce, les services en ligne, tels que l'assurance ou la banque.
Les trois cofondateurs vont rester cinq ans au sein de l'entreprise afin d'accompagner le développement de la société et 40 % du capital seront payés en fonction des résultats à venir. Pas question pour le japonais d'acquérir une coquille vide. Ce qui ne risque pas a priori puisque PriceMinister a des projets et des ambitions. Renforcer sa présence en Europe (en Espagne notamment), voire en Grande-Bretagne où l'enseigne joue un rôle de challenger.
Aider les pures players
Mais PriceMinister a d'autres perspectives. Par exemple avec Isai, son fonds d'investissement dans le business Internet. Son objectif : combler un vide dans le financement des start-up. " Les business angels investissent au démarrage quelques centaines de milliers d'euros, les fonds entrent au minimum à hauteur de 2 à 3 millions d'euros quand l'entreprise a prouvé sa responsabilité... et entre les deux c'est un peu le vide ", explique Pierre Kosciusko-Morizet. Le fond comprend une soixantaine de membres et apportera 1 à 2 millions d'euros à des pures players tels Covoiturage.fr qui pourront se revendre à des acteurs français. " Pas des entreprises forcément rentables ni grosses. Car au delà de quelques dizaines de millions d'euros de valorisation, les acquéreurs se trouvent en dehors de l'Hexagone ", explique le co-fondateur de PriceMinister.
Les groupes de la grande distribution français méconnaissent le métier de PriceMinister
C'est justement ce qui est arrivé lorsque les fondateurs ont voulu céder le groupe. " Nous avons été surpris du faible appétit que suscitait PriceMinister chez les groupes de médias ou de la grande distribution français qui méconnaissent encore fortement nos métiers "... " Les business angels, ceux qui misent sur une entreprise au berceau, ont du mal à sortir ensuite. Il n'y a quasiment plus d'introduction en bourse. Le marché Alternext est trop peu liquide "...
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