Les 4 mythes du Cloud Computing
Par Werner Vogels, directeur technique (CTO) d’Amazon Web Services
Le cloud computing défraie la chronique. Quel fournisseur informatique n’a pas son offre de produits ou services prétendument adaptés au « cloud » ? Certains sont même allés jusqu’à créer de toutes pièces des notions aussi pointues que « cloud privé » ou « cloud hybride » pour accroître la complexité du concept. Mais en quoi consiste donc le cloud computing et quelles sont ses implications pour les entreprises, administrations et organisations de toutes tailles ?Le concept de cloud computing s’explique aisément : plutôt que d’acquérir, d’exploiter et de gérer vos propres centres de données ou serveurs, vous achetez la puissance de calcul et les services de stockage dont vous avez besoin auprès de fournisseurs spécialisés qui se chargent d’administrer et de maintenir l’infrastructure « cloud » associée. Vous interagissez avec ces ressources via Internet et bénéficiez d’une montée en capacité instantanée, sans avoir à vous engager dans d’importantes dépenses d’investissement puisque les ressources informatiques en question sont totalement dématérialisées.
Pour qu’une offre de cloud computing puisse véritablement être considérée comme telle, elle doit impérativement répondre aux cinq critères suivants :
1. Dépenses d’investissement nulles
Aucune dépense d’investissement ne doit être effectuée dans des serveurs ou centres de données. Vous parvenez ainsi à « variabiliser » vos dépenses d’investissement - un atout de taille pour les entreprises insuffisamment dotées en capitaux ou celles qui n’entendent tout simplement pas les utiliser pour des dépenses d’infrastructure.
2. Paiement à l’utilisation
Il n’existe aucune mise de départ, aucun contrat ni engagement. Vous ne payez que pour ce que vous consommez réellement et pouvez opter pour le modèle de tarification le mieux adapté à vos contraintes métier.
3. Réelle élasticité
Vous modulez vos ressources informatiques en procédant à des ajouts et des retraits, sans être tributaire d’une capacité excédentaire inutile. De même, le mode « cloud » permet d’opérer rapidement des montées en capacité de vos applications. Dès lors que cette capacité supplémentaire devient superflue, vous vous en débarrassez tout aussi vite.
4. Accélération de vos processus de développement et de commercialisation
Vous menez à bien plus rapidement tous les projets en cours. Vous déclenchez, en quelques minutes, d’impressionnantes montées en capacité sur des serveurs sans plus avoir à attendre des jours ou des semaines que cette capacité vous soit allouée.
5. Recentrage sur votre cœur de compétences
Plutôt que de mettre vos ressources techniques restreintes au service d’une infrastructure banalisée, vous les allouez à des projets plus stratégiques, moteurs de valeur ajoutée pour vos clients ou d’avantages concurrentiels pour votre entreprise.
Si l’offre qui vous est proposée ne remplit pas l’ensemble des conditions exposées ci-dessus, elle ne relève pas du cloud computing.
Il y a énormément de bruit autour du cloud… et de scepticisme aussi. Aussi souhaitons-nous couper court aux rumeurs pour démystifier ce concept :
Mythe n°1 -Le cloud n’est pas sécurisé
Pour tous les fournisseurs « cloud », la sécurité reste et demeure la priorité absolue. La plupart des entreprises ne peuvent se payer le luxe d’allouer des ressources à la sécurité, contrairement aux prestataires « cloud » qui s’y emploient depuis des années. Le cloud computing s’appuie sur les mêmes tactiques et stratégies de sécurité que celles utilisées depuis 30 ans par les centres de données des grandes entreprises qui, elles, ont les moyens d’investir à grande échelle. Lorsqu’elles font le choix d’une plate-forme « cloud », ces entreprises constatent une sécurisation accrue.

Mythe n°2 -Le coût est le seul avantage du cloud
En réalité, le facteur coût constitue l’un des multiples avantages du cloud, le plus important étant l’accélération des processus de développement et de commercialisation. Adressez-vous à des ingénieurs en développement logiciel et demandez-leur sous quel délai ils peuvent espérer obtenir un serveur pour mener leurs expériences ou tout simplement boucler un projet…
Comptez entre quatre semaines et trois mois, selon les cas. Exaspérants pour les ingénieurs, ces délais freinent l’innovation. Avec une infrastructure « cloud », vous opérez en quelques minutes d’incroyables montées en capacité sur votre serveur, avec à la clé une accélération de vos processus de développement.
Mythe n°3 - Mieux vaut migrer en mode « cloud » l’intégralité de l’infrastructure d’un seul coup.
Si votre entreprise est une start-up, c’est effectivement ce que vous avez de mieux à faire. Il serait absurde d’acquérir des infrastructures dont vous n’aurez pas forcément besoin. Quant aux entreprises envisageant de nouveaux axes de développement, elles pourront aisément développer sur le cloud et en tirer rapidement tous les avantages. Il est toutefois déconseillé aux entreprises dotées d’une multitude d’applications et de systèmes propriétaires de migrer d’emblée la totalité de leur parc.
La plupart d’entre elles procèdent de manière plus méthodique en retenant une première série d’applications qu’elles testent en mode « cloud ». Durant quelques semaines à quelques mois, elles les exécutent afin d’évaluer les différences induites par le mode « cloud » et de mieux cerner son fonctionnement avant de transférer le reste de leurs applications. Cette « entrée en matière » est suivie d’un plan de migration sur 12 à 24 mois.
Mythe n°4 – Un cloud privé offre tous les avantages du cloud.
En réalité, si vous vous intéressez de plus près à ces clouds privés ou internes, vous vous apercevrez que leur installation - synonyme de charges fixes particulièrement élevées - ne présente aucun des atouts majeurs du cloud. Les entreprises qui montent leurs clouds privés continuent d’engager des dépenses d’investissement significatives dans leurs centres de données et de supporter des coûts de maintenance élevés. À elles de redoubler de vigilance car si le cloud privé reprend le terme « cloud », il n’offre pas les mêmes avantages.
Avec le cloud computing, l’informatique devient un véritable moteur de l’activité. Il permet aux entreprises de recentrer leurs ressources, notamment financières, sur l’innovation en vue de raccourcir leurs délais de commercialisation - et ce, sans avoir à se lancer dans une refonte, lourde et indifférenciée, de l’infrastructure.
Songez à ce qui s’est passé il y a plus d’un siècle lorsque certaines entreprises se sont évertuées à produire leur propre électricité. Pour faire tourner les usines, celles-ci ont dû installer et exploiter des générateurs sur site. En parallèle, les réseaux électriques se sont développés, dégageant des économies suffisamment intéressantes pour que les entreprises cessent d’exploiter leurs générateurs qui, au final, devinrent obsolètes.
Quid d’une analogie avec le secteur informatique ? À terme, très peu d’entreprises possèderont leurs centres de données, lesquels ne constitueront plus un critère de leur influence. Les économies dégagées par le cloud sont trop importantes pour être ignorées des entreprises tournées vers l’avenir.
Tout à fait d'accord. Merci pour cette « démystification » salutaire !
Le Cloud computing est également un formidable motif d?espoir pour les pays qui sont en plein développement. Là où les entreprises sont parfois trop faiblement capitalisées, l?avantage de la mutualisation du matériel et de l?optimisation des coûts joue en effet à plein.
Votre analogie entre l?avènement de réseaux électriques jadis et celui du Cloud aujourd?hui est très pertinente. Je pense souvent, de mon coté, à l?apparition de la téléphonie mobile. Au début des années 2000, elle avait permis de pallier le manque d'infrastructures de téléphonie filaire dans les pays en développement. Ces derniers peuvent aujourd'hui, en entrant dans l'ère de l'informatique dématérialisée, réaliser un bond technologique similaire. Aujourd'hui, le Cloud computing est l?une des meilleures réponses pour accélérer ce processus et réduire la fracture numérique. L?enjeu n?est donc pas uniquement technologique, il est aussi et surtout social, sociétal et humain.
Frédéric Dussart, Senior VP d'EMC pour la région EMEA
http://www.lesechos.fr/info/analyses/020745261881-le-cloud-computing-une-opportunite-pour-les-pays-emergents.htm
Par Frédéric Dussart le 07/09/2010 à 10:25
Intéressant mais ne pas confondre "démythifier" et "démystifier", les deux mots n'ont absolument pas le même sens.
En l'occurrence on ne peut pas qualifier de "mythe" une assertion sous le seul prétexte qu'elle est fausse.
L'auteur aurait donc du employer "démystification", et ensuite ne pas lister "mythe n°1, etc...", non applicable ici.
Par Viktor le 06/09/2010 à 09:48
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