Le jour où Jonathan Schwartz a envoyé paître Steve Jobs et Bill Gates

Publié le 14 Mars 2010
De nos jours, les dépôts de plainte contre des violations de brevets sont légion dans les univers de l'informatique et du multimédia.

Jonathan Schwartz, le fondateur et dirigeant de Sun Microsystems, en sait quelque-chose et explique comment il y a quelques années, il a renvoyé Steve Jobs et Bill Gates à leur besogne alors qu'ils étaient venus chercher querelle. Sur son blog, il explique, en effet, comment en 2003, Steve Jobs avait appelé son bureau et parlé d'un prototype d'ordinateur tournant sous Linux développé par Sun qui, apparemment, était basé sur des brevets Apple. Aussi, si Sun avait le toupet d'aller plus loin dans le développement de ce produit, Apple porterait immédiatement l'affaire devant les tribunaux.

Schwartz a alors attiré l'attention de Steve Jobs sur son logiciel Keynote et sur ses étonnantes similitudes avec un logiciel de présentation développé par Sun. « Steve, j'étais justement en train de regarder ton dernier logiciel de présentation » avait alors lancé Jonathan Schwartz, « et il me semble que Keynote ressemble beaucoup à Concurrence. Est-ce que tu en détiens la propriété intellectuelle ? ». Même chose pour certains brevets Unix détenus par Sun et utilisés au sein de Mac OSX.

Bill Gates, lui, avait, à un moment donné, tenté d'extorquer des royalties pour OpenOffice (la suite bureautique gratuite développée par Sun) jugeant qu'il s'agissait d'une copie de Microsoft Office. Jonathan Schwartz avait alors porté l'attention de Bill Gates sur les ressemblances entre Microsoft .NET et la technologie Sun Java. « Nous avons regardé attentivement .NET et il me semble que vous êtes passé au-dessus d'un nombre important de brevets Java. Aussi, allez-vous nous rétribuer pour chaque copie de Windows vendue ? » avait-il alors demandé. Les discussions ont été immédiatement interrompues et sont restées closes depuis.

Jonathan Schwartz explique enfin qu'il comprend la nécessité de déposer des brevets et les voit aujourd'hui comme de puissants outils défensifs. Mais il se montre en même temps très critique sur la façon de faire de tous les cadors de l'informatique et considère cette judiciarisation effrenée comme un acte de désespoir dommageable, « se fondant sur les décisions d'un tribunal, plutôt que sur celles du marché ».  
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