Premier semestre très contrasté pour Avanquest
Manière politiquement correcte de dire que les neuf premiers mois de l'année n'ont pas été à la hauteur des attentes. D'abord, en raison d'un marché retail en demi-teinte, traditionnellement plus faible que la fin de l'année, mais également en raison des ventes en dessous des prévisions en France, en Allemagne et en Espagne. Ensuite, en raison d'une contre-performance très significative sur l'activité OEM, du fait de la contre performance du principal client OEM de l'éditeur, Motorola. Enfin, un « effet Vista », qui n'a pas été à la hauteur des attentes... En outre, Avanquest réalisant la moitié de son activité outre-Atlantique, la chute du dollar impacte fortement les résultats. Bonne nouvelle en revanche, la croissance de 22% enregistrée sur les divisions web et corporate.
Il s'agit pour Avanquest d'un exercice un peu particulier, marqué par le rachat de Nova Development aux Etats-Unis en janvier et celui de Emme en Europe fin avril. Suite à cette fusion, décision a été prise de modifier la date de clôture d'exercice pour harmoniser avec celle de Emme. L'exercice a donc démarré le 1er janvier mais ne s'achèvera que le 31 mars. Sur les neuf premiers mois de l'année, Avanquest a réalisé un chiffre d'affaires de 80,76 M€, une perte opérationnelle de 1,8 M€ et une perte nette de 4,86 M€. Sur le semestre avril/septembre, le chiffre d'affaires s'élève à 56,8 M€, en bas de la fourchette prévue reconnaît Brunon Vanryb. Sur cette période, la perte opérationnelle est de 1,15 M€, grâce à un retour à l'équilibre au deuxième trimestre, et la perte nette atteint 3,82 M€. La période écoulée a été marquée par la fusion avec Emme, « un travail énorme qui a pris énormément de temps et d'énergie », souligne Bruno Vanryb, qui reconnaît que la tâche avait peut être été sous estimée, et a eu un impact sur la dynamique du semestre. La mise en commun des catalogues et leur mondialisation devrait être achevée dans 6 mois, délai également nécessaire pour l'ouverture du réseau commercial d'Avanquest en Europe pour Nova. En revanche, la fusion des équipes et des structures est achevée.
Selon Bruno Vanryb, « ces neuf mois ne représentent pas la réalité d'Avanquest aujourd'hui », assez indigné par le traitement dont fait l'objet l'action Avanquest en bourse, la société n'étant valorisé que 90 M€... Il rappelle qu'Avanquest est, après les acquisitions du début d'année, le 6e éditeur mondial hors jeux, derrière des noms aussi illustres que Microsoft, Symantec, Intuit, Adobe et Apple. Qui plus est, souligne-t-il, c'est une réussite internationale puisque 85% du chiffre d'affaires semestriel sont réalisés hors du pays d'origine.
Des résultats contrastés par activité
L'activité OEM est en forte baisse, 5 M€ de moins que sur la même période de 2006 et 2 M€ de moins que les prévisions... Les royalties provenant de l'accord avec Motorola sont passées de 1,5 M$ à 300 K$... Cette activité ayant une marge très importante, cette contre-performance impacte directement les résultats d'Avanquest. En revanche, La société a signé avec un autre acteur de la téléphonie mobile, Sony Ericsson et escompte les premières retombées de ce contrat en 2008. Un accord OEM a également été signé avec Lenovo et Asustek. L'OEM n'a représenté que 4% de l'activité de la société, contre le double habituellement.
La division retail, 57% du chiffre d'affaires d'Avanquest, a également enregistré des ventes contrastées, indique Bruno Vanryb : parfaites aux Etats-Unis, au dessus des prévisions en Italie et au Royaume-Uni, mais en deçà des prévisions en France, Allemagne et Espagne.
Autres satisfactions pour Bruno Vanryb, les croissances de 22% enregistrée par la division web et de 19% de la division Corporate. Avanquest réalise désormais 15% de son chiffre d'affaires sur le web (12% en direct, 3% en indirect). Enfin, la division corporate génère 24% du chiffre d'affaires, essentiellement en direct. Bruno Vanryb indique que la répartition idéale serait de 10% pour l'OEM, 20% pour le web, 25 à 30% en corporate et 45 à 50% pour le retail. Dans cet esprit, Avanquest a fait fin mai l'acquisition au Royaume-Uni d'une petite société, Software Paradise, qui, si elle ne réalise que 3,7 M€ de chiffre d'affaires est très bien positionnée sur la vente en ligne de licences aux entreprises, ce qui offre un « fort potentiel de développement », souligne Bruno Vanryb. Potentiel de développement également à partir des contenus de Emme, adaptables sur de nouveaux supports.
Avanquest souhaite rééquilibrer son activité entre les logiciels développés en interne (Mobile Phone Tools, Fix IT Utilities, WebEasy) et les titres sur lesquels il n'est qu'éditeur (Trend Micro, Architecte 3D, Encyclopédies Harraps, Universalis, Larousse, les marques Berlitz, Hachette Multimedia, Sesame Street ou Hallmark). Avec les acquisitions récentes, la part des produits édités est majoritaire. De nouvelles versions et de nouveaux produits seront prochainement lancés, comme la version 8 de Fit it ou Send Photos Mobile.
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